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Première
femme ministre de la Défense, Michèle
Alliot-Marie a failli devenir, il y a un an, la
première femme de droite à occuper
Matignon. Jacques Chirac lui avait même laissé
entendre qu'elle était sur la " short
list " avec Dominique de Villepin, pour succéder
à Jean-Pierre Raffarin. Le président
de la République lui avait dit " tiens
toi prête " au lendemain du référendum
du 29 mai 2005.
On connaît la suite. Le choix présidentiel
en faveur de son ancien secrétaire général
à l'Elysée qui n'avait pas manqué
de faire valoir au chef de l'Etat qu'avec Michèle
Alliot-Marie la fin de son quinquennat risquerait
d'être " sans souffle ". De fait
sous Dominique de Villepin, des coups de vent voire
de la tempête politique et sociale dans le
pays, il y en a eu pas mal depuis un an.
A un point tel que " MAM " qui vient de
rejoindre le camp de Nicolas Sarkozy n'a certainement
pas envie - tout comme Jean-Louis Borloo d'ailleurs
- de quitter maintenant le ministère de la
Défense pour se coltiner Matignon pendant
un bail limité à dix mois. Pourtant,
déjà à l'époque, les
amis de Nicolas Sarkozy avaient clairement fait
savoir - ceci explique-t-il cela - qu'à leurs
yeux la ministre de la Défense était
plus " sarko-compatible " que l'hôte
actuel de Matignon !
Il est vrai que Michèle Alliot -Marie, fille
d'un gaulliste résistant, l'ancien arbitre
international de rugby, Bernard Marie, ancien député
et maire de Biarritz, s'était refusée
à prendre partie entre Edouard Balladur et
Jacques Chirac dans la préparation de l'élection
présidentielle de 1995 s'attribuant le rôle
de " passerelle " entre les deux adversaires,
position qui, à l'époque, avait été
totalement incomprise. Ce fut le premier coup de
canif dans les relations de confiance entre le futur
président de la République et l'actuelle
ministre de la Défense. Le deuxième
fut son acte de candidature à la présidence
du RPR initialement dévolue par Jacques Chirac
et ses conseillers à
Jean-Paul Delevoye
qui fut battu en décembre 1999. Michèle
Alliot-Marie présente un profil à
la fois volontariste et fataliste qui en fait un
personnage à part dans la vie politique française.
L'auteur de la biographie de Michèle Alliot-Marie(1)
Michaël Darmon, grand reporter au service politique
de France 2 a déjà réalisé
un reportage très remarqué sur la
ministre de la défense en avril 2005 pour
l'émission " Envoyé spécial
" dans les coulisses du ministère de
la rue Saint Dominique qui avait présenté
pour la première fois un portrait intimiste
de la ministre de la Défense.
Elle avait été suivie tout au long
d'une journée qui commençait par très
tôt dans la matinée par son entraînement
à la course à pied sur un tapis roulant
pour maintenir sa forme jusqu'à ses entretiens
en soirée avec les responsables militaires
sur les questions diplomatiques. En clair, à
droite, " MAM " apparaît comme une
femme d'expérience qui a conquis à
la force de volonté et de ténacité
ses galons de " femme d'Etat ".
Cette biographie bien documentée et riche
en anecdotes et confidences permet de mieux connaître
cette hyperactive introvertie, avare de confidences.
Elevée à la garçonne dans un
univers et une région réputés
pour son machisme - le pays basque - formée
à être la première en tout,
" MAM " est issue d'une famille où
l'on ne connaît pas le féminisme mais
où l'on considère qu'une femme peut
faire la même chose qu'un homme, souligne
l'auteur. Mais le paradoxe de la carrière
de " MAM " réside dans le fait
que " si elle aime exercer le pouvoir, elle
n'est pas pour autant une femme de pouvoir. Dans
ce portrait complet et réussi qui lève
- c'est anecdotique - le secret de la double référence
de " MAM ", Marie pour son père
et Alliot, le nom de son mari qui fut un proche
collaborateur de l'ancien président du Conseil
de la IV ème République, Edgar Faure
qui lui a mis le pied à l'étrier en
la prenant dans son cabinet. Autre révélation
piquante : la confession du compagnon de "
MAM ", le député UMP des Hauts-de-Seine,
Patrick Ollier, président de la commission
des affaires économiques de l'Assemblée
nationale qui s'est vu coiffé sur le poteau
en 1999 par une confidence de Michèle Alliot-Marie
alors qu'il songeait lui-même à se
présenter à la présidence du
RPR
" MAM " qui était prête pour
Matignon en 2005 a confié qu'elle sera "
tout naturellement au premier rang " durant
la campagne de la présidentielle en 2007.
" Si j'étais elle, à son âge
et avec son parcours, j'irais à la candidature
présidentielle " a glissé le
chef de l'Etat à des parlementaires, il y
a quelques mois. Message reçu. Aujourd'hui,
encore elle se dit " prête ". Volontaire
et fataliste, la " Grande Muette " attend
son heure. Mais attention, car ce sont parfois celles
qui en disent le moins qui y pensent le plus !

Le directeur de la Lettre Horizons
politiques
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