|
En dehors de la préparation
du référendum sur le traité
constitutionnel européen, c'est la controverse
autour de l'augmentation des impôts locaux
qui s'est imposée dans les grands médias
nationaux. Dans un cas comme dans l'autre, les Français
ne sont pas au clair sur ces questions complexes
qui font l'objet de polémiques politiques
particulièrement vives. La Documentation
française joue son rôle d'informateur
auprès des citoyens en présentant
les arguments de part et d'autre sur ces dossiers
délicats.
Les 25 " données
" du référendum sur le traité
européen
Pour
le traité constitutionnel qui va être
soumis en mai ou juin à référendum,
(plus vite que prévu sans doute) le temps
presse. Il s'agit d'aller à l'essentiel pour
comprendre rapidement les enjeux définis
dans les 448 articles de la Constitution européenne
que bien peu de nos compatriotes auront le temps
de lire.
Le " petit guide " de la Constitution
européenne (1)
élaboré en collaboration avec France
Info présente les 25 thèmes principaux
de la Constitution. De manière uniforme :
ce qui change, ce qui ne change pas, développe
un point précis sous la forme d'encadré
et développe une rubrique " le saviez-vous
" ? Prenons l'exemple du chapitre " parlement
européen " (pages 32 et 33)
Ce qui change : le parlement aura un rôle
accru dans certains domaines (politique migratoire
notamment) et il sera chargé d'élire
le président de la Commission sur la base
des propositions du Conseil européen.
Ce qui ne change pas : sauf rares exceptions, le
Parlement n'a pas l'initiative de lois (c'est le
Commission). En outre il ne dispose pas de pouvoir
décisionnel en matière fiscale.
Le parlement et les députés européens
Le " petit guide " précise que
le nombre de sièges au parlement européen
a fait l'objet d'âpres débats et que
la répartition sera proportionnelle à
la population de chaque Etat avec toutefois un minimum
de six sièges pour les plus petit et un maximum
de 96 pour les plus grands. (Une petite erreur à
rectifier dans la prochaine édition est à
relever puisque en fait l'Allemagne - le plus important
pays en population- disposera de
99 élus
!).
Un encadré est consacré au rôle
des parlements nationaux - un tiers des parlements
nationaux peuvent s'opposer à une proposition
de loi de la Commission qui empièterait sur
els compétences strictement nationales.
Enfin la rubrique " Le saviez-vous ? "
précise que le " règlement "
et la " directive " s'appelleront désormais
" loi " et " loi cadre ". La
" loi " européenne s'imposera directement
aux Etats alors que la loi-cadre laissera aux Etats
le choix des moyens d'application. En deux petites
pages on connaît l'essentiel sur le futur
parlement européen !
Le " petit guide " se termine pas quelques
exercices pratiques sous forme de réponses
aux questions les plus souvent posées par
les auditeurs de France Info. A propos des retombées
éventuelles de l'adoption du traité
constitutionnel sur la conception de la laïcité
" à la française ", le "
petit guide " précise par exemple que
la loi sur les signes religieux à l'école
échapperait à la compétence
européenne, contrairement ce que certains
redoutaient - ou prétendaient - en vertu
de la jurisprudence constante de la Cour européenne
des droits de l'Homme de Strasbourg.
Pour tous ceux qui veulent se faire une opinion
par eux-mêmes sur les conséquences
de leur vote sur le traité constitutionnel
- sans trop se prendre la tête - ce "
petit guide " est pratiquement indispensable.

Le directeur de la Lettre Horizons
politiques
(1) Le petit guide de
la Constitution européenne, 87 pages, 5 €
" Regards " sur l'actualité : La
guerre des impôts locaux
Volonté
sournoise de l'opposition de rendre l'Etat responsable
de hausses d'impôts locaux dues uniquement
à des promesses électorales exagérées
(selon la droite) ; habile manuvre pour faire
payer par les collectivités locales la baisse
électoraliste des impôts nationaux
(selon la gauche) : que faut-il penser de cette
guerre des impôts locaux que se livrent le
gouvernement et la majorité et les présidents
régionaux qui appartiennent tous ou presque
- 20 sur 22 en métropole - au parti socialiste
?
Là encore bien peu de citoyens sont capables
dans notre pays de savoir exactement combien ils
paient d'impôts locaux ou régionaux
et pour quoi faire ? Cet état de fait regrettable
est d'autant plus compréhensible que la loi
du 13 août 2004 sur les transferts de compétences
entre l'Etat et les collectivités locales
n'est pas encore totalement transcrite dans ses
décrets d'application.
La revue " Regards sur l'actualité "
(2) de la Documentation
française a la bonne idée de consacrer
son numéro de février aux dernières
réformes de " l'acte II de la décentralisation
" et de faire ainsi le point sur la mise en
place progressive des transferts de compétences
par catégorie de collectivités locales
(pages 29 à 34). Un tableau présentant
les articles de la loi, les compétences transférées,
les ministères concernées et les collectivités
territoriales bénéficiaires du transfert
permet de connaître toutes les modifications
qui devront s'achever en 2008. Ce tableau complet
est particulièrement le bienvenu.
Pour le reste, on comprendra mieux les difficultés
d'interprétation - et de compréhension
- en lisant l'article de Michel Verpeaux, professeur
d'université consacré à "
l'Etat territorial ". S'agissant de l'organisation
administrative, la particularité française
depuis le XIX ème siècle écrit-il,
consiste à avoir développé
" deux modes parallèles " que sont
la déconcentration et la décentralisation
". Avec la première, l'Etat attribue
un pouvoir de décision à des autorités
qu'il choisit et qu'il nomme et la seconde aboutit
à charger de compétences administratives
des collectivités locales dotées de
la personnalisation morale. Ces " doublons
" entraînent cela va s'en dire, des contingents
de fonctionnaires d'Etat et de fonctionnaires territoriaux
!
Juger sur pièces
En clair, comme nous ne cessons de l'écrire
ici même à " Horizons politiques
", il est grand temps de mettre un peu de rigueur
dans le mille-feuilles administratif français.
Et si le débat sur la responsabilité
de l'augmentation des impôts régionaux
permet à y voir plus clair, ce sera un moindre
mal. Car tous ces " doublons " coûtent
cher aux contribuables qui ont tendance à
perdre au niveau local ce qu'il gagne - et encore
pas toujours - au niveau national. Car, si notre
Etat territorial était bien géré,
tous les transferts de compétences vers les
collectivités locales devraient alléger
d'autant les impôts perçus par l'Etat
!
Le dossier sur l'autonomie financière des
collectivités territoriales précise
les différentes ressources fiscales devenues
trop complexes en raison des diverses dotations
attribuées par l'Etat aux collectivités
locales.
Fidèle à sa tradition, la Documentation
française présente les arguments de
ceux qui, à droite, estiment que la décentralisation
ne devrait pas entraîner d'augmentation des
impôts locaux et ceux qui, à gauche,
pensent le contraire.
Chacun jugera sur pièces -c'est le cas de
le dire - cette " nouvelle donne " de
la décentralisation qui ne sera vraiment
effective qu'à partir de 2006- 2007. Mais
il sera possible d'en ressentir - sous forme d'espèces
sonnantes et trébuchantes - très prochainement
les premiers effets ! L'acte II de la décentralisation
mérite d'être suivi de très
près grâce à cette revue de
détail complète et exhaustive dans
ses aspects financiers et fiscaux.

Le directeur de la Lettre Horizons
politiques
|