La lettre de la décentralisation



Le fait politique du 4 décembre 2009

Après un hommage rendu à Adrien Zeller
qui avait co-présidé pendant dix ans
l’Institut de la Décentralisation :

- Michel Piron, député UMP de Maine-et-Loire, a été élu, 
le 3 décembre, au poste de « co-président » de l’Institut
aux côtés du socialiste Jean-Pierre Balligand


- « On reste dans l’entre deux, mais il faudra bien choisir
entre centralisation et décentralisation »,
déclare le nouveau « co-président »
 

C’est avec une émotion certaine que les membres du conseil d’administration de l’Institut de la Décentralisation ont élu leur nouveau co-président, le député UMP du Maine-et-Loire, Michel Piron qui occupait jusqu’à présent les fonctions de vice-président et de trésorier de l’Institut. En effet, cette désignation est la conséquence du décès cet été d’Adrien Zeller, ancien président de la région Alsace qui a constitué pendant dix années avec l’autre co-président, Jean-Pierre Balligand, député socialiste de l’Aisne,  un tandem particulièrement dynamique et reconnu parmi les élus et les décideurs territoriaux.

Cet ardent défenseur de la décentralisation que fut Adrien Zeller

Une occasion pour « Horizons politiques » de rendre hommage  à Adrien Zeller, infatigable et talentueux défenseur des collectivités locales et plus particulièrement des régions - il avait écrit en 2002 un ouvrage intitulé « la France enfin forte de ses régions » - qui n’hésitait pas à mouiller sa chemise  dans ses allers-retours  incessants entre Paris et Strasbourg sans oublier le détour par Bruxelles. Partisan du pouvoir régional, il avait été l’un des tous premiers à prendre la responsabilité des TER et à expérimenter l’utilisation directes par sa région des aides régionales communautaires européennes. Adrien Zeller avait « une idée toutes les demies-journées » rappelait son complice Jean-Pierre Balligand au cours d’une rencontre avec la presse organisée, le 3 décembre par l’Institut. Les deux hommes qui formaient un véritable tandem  en amitié se retrouvaient chaque année en été au festival d’Avignon pour  parler philosophie… « et c’était bien » a confié Jean-Pierre Balligand.  
Le partisan de « première gauche » aux côtés de François Mitterrand, Jean-Pierre Balligand et  le pur produit d’un Centre social démocrate n’avait pas les mêmes opinions mais avaient acquis des   expériences locales à peu près semblables  à travers les strates du mille-feuille territorial  – député, conseiller général, maire, président de communauté et ils parlaient la même langue, celle des territoires.  Hommes de terrain, ils  ont appartenu comme l’a fort bien dit, le co-président Balligand, « à un seul et  même parti : celui de la décentralisation ! ».
Adrien Zeller reste pour tous ceux qui s’intéressent à l’acquis et l’avenir territorial de notre pays,  un modèle reconnu et revendiqué aussi bien par ses pairs de droite que de gauche.  Le fait est suffisamment rare en politique pour qu’un hommage soit  rendu, ici,  à cet ardent défenseur de la décentralisation.

Diviser par trois le nombre d’élus communaux dans les  intercommunalités

Le nouveau co-président de l’Institut de la décentralisation, Michel Piron, né le 15 mars 1943 à Saumur représente à l’Assemblée nationale, la quatrième circonscription du Maine-et-Loire depuis 2002. Il a occupé les fonctions de  maire de Thouarcé pendant vingt ans (1983-2003) avant de présider la communauté de communes où sont récoltés les raisins qui produisent le  célèbre vin des « Coteaux du Layon ». Il est également conseiller général du Maine-et-Loire. Michel Piron s’est présenté au cours d’un déjeuner de presse, le 3 décembre, comme « un esprit libre » et un « décentralisateur convaincu » répondant volontiers aux questions des journalistes.
Le député UMP du Maine-et-Loire  a estimé que la réforme territoriale actuelle restait « dans l’entre deux ». Il faudra choisir entre « décentraliser d’une façon explicite ou décentraliser » a-t-il dit. Il n’a pas hésité à dénoncer la « démarche hyper-centralisatrice » menée par Bercy pour la suppression de la taxe professionnelle en soulignant que le projet initial consistait à accorder 25% de la valeur  ajoutée aux régions et 75% aux départements alors que rien n’était prévu pour le bloc local.
A propos du « mille-feuille administratif français »,  Michel Piron a estimé « catastrophique » le fait d’avoir quatre niveaux donc quatre services administratifs qui coûtent de l’argent et font perdre du temps. Il ne souhaite pas réduire le nombre des communes dans notre pays mais « diviser par trois le nombre d’élus communaux » et ne gardant par exemple dans des communes membres d’une intercommunalité qu’un maire et deux ou trois adjoints par exemple.
En ce qui concerne l’évolution du rapprochement entre régions et départements à travers les conseillers territoriaux, le député UMP du Maine-et-Loire a estimé que les évolutions pourraient être différentes selon que les présidents des conseils territoriaux seront plus régionalistes ou départementalistes. « L’avenir de la décentralisation interroge autant à droite qu’à gauche. Dans un cas c’est dit dans l’autre  non dit ». Il a mis en exergue le paradoxe selon lequel « plus l’Etat est faible et plus il est normatif. On sort de plus en plus de textes dont l’applicabilité n’est pas vérifiée sur le terrain. On va vers l’implosif » … « Mais, nous faisons le pari de l’intelligence » a affirmé en guise de conclusion le co-président de l’Institut de la Décentralisation.

Faire des propositions pour la présidentielle de 2012

Le programme 2010- 2012 de l’Institut prévoit de mettre au point un certain nombre de propositions qui seront soumises aux candidats de l’élection présidentielle de 2012. Les deux principaux thèmes retenus sont : le pouvoir normatif des régions et la rationalisation de la fonction publique locale compte tenu du manque probable de financements. L’Institut de la Décentralisation organisera par ailleurs en 2010 des colloques sur les partis politiques et les libertés locales en commençant par la gauche. En  effet, comme l’a fait remarquer le co-président socialiste, Jean-Pierre Balligand le rapport de force actuel parmi les adhérents est plutôt favorable à la gauche.
 L’Institut de la Décentralisation parrainé par les grandes associations d’élus (régions, départements, villes moyennes, grandes et petites villes etc.) dispose d’un budget de 600 000 € dont 520 000  € proviennent des cotisations des adhérents, le reste étant obtenu par divers produits. « Nous réalisons une marge nette de 3% et nous disposons en trésorerie de trois mois de fonctionnement » a précisé Jean-Pierre Balligand.
L’Institut de la Décentralisation est donc en mesure de poursuivre ses activités qui visent essentiellement à éclairer la décision publique sur l’ensemble des questions relatives à la décentralisation, à l’organisation du territoire et à la gestion locale « dans le respect d’un double pluralisme scientifique et politique ». Gageons que les thèmes de réflexion et d’orientation ne manqueront pas dans  cette période de réforme territoriale qui implique inévitablement une tension entre l’Etat et les territoires dans la mesure où  l’un ne peut pas se réformer sans les autres …et inversement.


 
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Le directeur de la Lettre Horizons politiques

 

 

 

 

 

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