Il n’est pas encore trop tard pour que nos concitoyens décident de consacrer un moment pour aller voter le 7 juin, aux élections européennes. Comme l’a dit le pape Benoît XVI, le 24 mai à Cassino cette ville clé pour atteindre Rome où de nombreux soldats alliés et allemands sont tombés pendant la seconde guerre mondiale, notre continent l’Europe face aux nouveaux défis de la mondialisation doit être « unie et solidaire » dans la recherche « de la justice et la paix ». Car à ce bonheur de la paix retrouvée- les jeunes générations ne peuvent imaginer combien est précieux ce havre de paix d’un demi-siècle au regard des deux guerres mondiales qui ont ensanglanté notre continent au XXème siècle– il convient d’ajouter maintenant un impératif économique et social dans le contexte nouveau de la mondialisation dominée par les Etats-Unis et la Chine.
Dans les circonstances actuelles, le désintérêt annoncé à l’égard du choix des 736 eurodéputés de Strasbourg apparaît comme tout à fait incongru et illogique. Car la nécessité de contrôler un exécutif européen, ce volapuk intégré comme le disait le général De Gaulle par un parlement transnational représentant les peuples européens n’a jamais été aussi impérieuse.
« Contrairement à l’image de faiblesse institutionnelle que l’assemblée véhicule encore, elle est désormais l’une des plus puissantes du monde que ce soit du point de vue de sa capacité à contrôler la Commission ou de son influence sur la législation » indique l’ancien député européen, Jean-Louis Bourlanges, l’un des meilleurs connaisseurs des institutions européennes, dans la préface de l’ouvrage « le parlement européen » (1) édité par la Documentation française.
Ce document a pour objectif de rendre plus claire l’activité du parlement européen en présentant son organisation (élection, députés, groupes politiques, organes internes) et en détaillant ses pouvoirs. Il analyse également les relations de l’Assemblée de Strasbourg qui va être renouvelée le 7 juin avec les autres institutions, la société civile et les parlements nationaux.
Le pouvoir d’achat devant le terrorisme et l’insécurité
De fait, il faut se garder de négliger cette élection du parlement européen. Car si seulement 47% des Français se disent intéressés par cette élection, selon l’eurobaromètre du parlement européen publié dans la perspective des élections européennes, force est de constater, si l’on s’en tient à ces mêmes statistiques, que nos compatriotes n’ont guère plus confiance envers leur parlement national (58% d’entre eux n’ont pas confiance) et dans une proportion moindre (45%) qu’ils ne font pas confiance non plus aux pouvoirs régionaux ou locaux. Le scepticisme à l’égard du parlement européen est proche de celui exprimé à l’égard de nos députés et nos élus locaux.
Par ailleurs, l’Eurobaromètre du parlement européen fait apparaître des indications utiles pour les partis politiques dans cette dernière ligne droite de la campagne des européennes. Les 375 millions d électeurs européens - aucune autre région du monde n’a de démocratie travaillent à cette échelle – ont des préoccupations à peu près communes.
Ils souhaitent que les institutions européennes améliorent la protection des consommateurs et la santé, combatte le terrorisme et lutte efficacement contre le changement climatique. En revanche, il faut relever quelques spécificités françaises. Dans les thèmes qu’ils souhaitent voir traiter, les français mettent largement en priorité celui de l’inflation et du pouvoir d’achat (68% contre 41 pour le reste d e l’Union européenne) et le chômage. Ils sont 52% dans ce cas contre 47% pour le reste de l’Union européenne. En revanche, nos compatriotes paraissent moins intéressés que les autres européens par la lutte contre le terrorisme (24% contre 35% en Europe) et par l’insécurité (21% en France contre 37% dans l’Union européenne).
D’accord, c’est vrai le système européen est compliqué entre les directives et les règlements – peut-il en être autrement dans un hémicycle où tout se décline ne vint trois langues ! De même, les traités successifs adoptés ou repoussés modifient à plaisir le nombre des eurodéputés 785 élus en 2004 mais seulement 736 en raison du traité de Nice cette fois –ci et sans doute 754 si le nouveau traité de Lisbonne est voté d’ici à la fin de l’année par l’Irlande et la Tchéquie – mais l’essentiel n’est pas là.
La codécision avec le Conseil des ministres européen
Le parlement de Strasbourg, qui devrait être présidé pour la première fois par un élu des ex pays de l’est – un polonais – « entré par la porte de service dans la procédure législative y règne désormais en maître à égalité avec les Etats représentés au Conseil ». De même, le parlement qui a osé en 1999 faire démissionner la Commission dirigée alors par Jacques Santer et a rejeté en 2004 ka candidature de l’italien Rocco Buttiglione, pressenti pour la poste de commissaire à la Justice à la suite de propos controversé sur les homosexuels et les femmes, vole de ses propres ailes. Principal fait d’arme : les eurodéputés au cours de la précédente législature sont parvenus à réécrire la directive Bolkestein sur la libéralisation du secteur des services, supprimant le principe très contesté du « pays d’origine » qui aurait pu ouvrir la voie au dumping social.
Certains textes proposés par le Conseil ont carrément été rejetés, à l’instar de propositions visant à breveter les logiciels ou à assouplir la règle des 48 heures de travail hebdomadaires dans l’Union européenne. Et dans la lutte contre le piratage informatique la fameuse « loi Hadopi », le parlement a pris une position qui annihile pratiquement l’efficacité d’une bonne partie de la législation française qui, comme toutes les autres législations nationales et inférieure à la loi votée par les eurodéputés de Strasbourg.
Voilà pourquoi, nos amis internautes doivent se précipiter pendant qu’il est encore temps pour se documenter sur ce parlement européen. Cet ouvrage contient trois parties principales : la première est consacrée aux acteurs et à l’organisation du parlement européen ; la deuxième abord les pouvoirs et les modalités de leur mise en eouvre ; la dernière détaille les rapports du parlement européen avec les autres institutions de l’uNion et aborde la fameuse question de codécision et des relations du parlement de Strasbourg avec les groupes d’intérêt, les citoyens, les organisations de la société civile ou des parlements nationaux. Un outil utile pour voter en connaissance de cause et ensuite comprendre le rôle si important des eurodéputés pour l’avenir de notre continent.

Le directeur de la Lettre Horizons
politiques
(1) Le Parlement européen Olivier Costa, Florent Saint Martin
Coll. Réflexe Europe - La Documentation française : 2009 / 160 p. / 12 €
Les principaux ouvrages édités par la Documentation française pour tout comprendre de l’Union européenne
L'Union européenne. Institutions et politiques (2e édition)
Laurent Coutron, Marie Gaillard, Philippe Tronquoy
Coll. Découverte de la vie publique - La Documentation française : 2008 / 154 p. / 10 €
Organisé sous forme de questions-réponses, cet ouvrage très pédagogique présente à la fois le mode de fonctionnement actuel de l'UE et les changements qui interviendraient avec la ratification du traité de Lisbonne.
L’Europe et vous
Coll. L’actu facile - La Documentation française / Radio France : 2008 / 100 p. / 9 €
Un petit livre clair et accessible pour comprendre à partir de situations concrètes - travailler, étudier, consommer, se soigner, défendre ses droits… - ce que l'Europe change dans notre vie quotidienne.
L’Europe du traité de Lisbonne
François-Xavier Priollaud, David Siritzky
Coll. L’actu facile - La Documentation française : 2008 / 104 p. / 9 €
Ce « petit guide » du traité de Lisbonne présente l'essentiel des changements apportés par le
nouveau traité, tant sur le plan des réformes institutionnelles qu'en ce qui concerne les principales politiques de l'Union européenne.
Les institutions de l'Union européenne (7e édition)
Yves Doutriaux, Christian Lequesne
Coll. Réflexe Europe - La Documentation française : 2008 / 184 p. / 12 €
Une présentation complète et détaillée du rôle et du fonctionnement des organes constitutifs de l’Union européenne ainsi qu’une analyse des relations de l’administration française et des institutions européennes.
L'avenir de l’Europe
Questions internationales n°31 - La Documentation française : 2008 / 128 p. / 9,8 €
Après les réformes institutionnelles, de nombreux chantiers s'ouvrent pour l’Union européenne : l'environnement et le développement durable, la politique énergétique, l'avenir de la politique agricole commune, les migrations, la sécurité et la défense des citoyens européens, la croissance et l'emploi des économies européennes.
L'Union européenne (édition Traité de Lisbonne)
Coll. Les Notices - La Documentation française : 2008 / 216 p. / 23 €
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