La lettre de la décentralisation



Le fait politique du 3 juillet 2008


Une réception au Sénat pour le 25e anniversaire
des « Mariannes d’Or » d’Alain Trampoglieri :
Des « Marianne de Platine » récompensent
des élus locaux de terrain pour leurs réalisations


C’est à Gaston Defferre, ancien ministre de l’Intérieur, « père de la décentralisation » et ancien maire de Marseille et à Edgar Faure qui en fut aussi à l’initiative qu’Alain Trampoglieri a rendu hommage, le 3 juillet à l’occasion de la cérémonie organisée au Sénat pour le 25 ème anniversaire des « Marianne d’Or » qui ont pour but de déceler « les bonnes pratiques de la gestion locale et de célébrer les meilleurs élus de terrain ». Comme l’a affirmé le président du Sénat, Christian Poncelet : « la remise des Marianne d’Or est devenue un moment incontournable de la vie politique locale et nationale. C’est un peu l’équivalent la « Palme d’Or » du festival de Cannes pour le cinéma …même si les élus ne font pas de cinéma » a-t-il précisé.
De fait au fil des années les « Marianne d’Or » aux effigies prestigieuses de Brigitte Bardot à Catherine Deneuve, sans oublier la très controversée Evelyne Thomas, sont devenues une référence et nos concitoyens reconnaissent leur valeur tandis que les élus les convoitent avec envie. Elles portent chance parfois. C’est ainsi que le secrétaire général du concours, Alain Trampoglieri qui connaît sur le bout des doigts son petit monde politique a rappelé que dans le premier palmarès, l’une des « Marianne » était revenue à…Nicolas Sarkozy, le jeune maire de Neuilly. Lors de la cérémonie de remise, Yves Mourousi et Alain Trampoglieri avaient pronostiqué à l’adresse du nouveau maire de Neuilly : « cette distinction fera de vous un ministre voire un président de la République ! ». Pourtant à l’époque le jeune maire n’avait pas reçu concrètement sa « Marianne » car il en manquait une et on avait réquisitionné d’office la sienne. « Pendant plusieurs semaines, il m’a téléphoné pour me la réclamer » confie Alain Trampoglieri qui pour se faire pardonner – vingt cinq ans après – a décidé d’offrir une « Marianne de platine » au président de la République !

Sarkozy, ancien maire de Neuilly, récompensé d’une « Platine »

Parmi les quelque 8 000 maires déjà récompensés, le palmarès du 25 ème anniversaire, proclamé en présence d’André Santini, maire mythique d’Issy-les-Moulineaux( Hauts-de-Seine) - qui n’a pas reçu de « Marianne de platine » car on ne peut pas être maire et membre du gouvernement -, la palme de la distinction revient à un « cumulard » : Christian Estrosi, maire UMP de Nice, président de la communauté Nice-Côte d’Azur, président du conseil général des Alpes-maritimes et député des Alpes-Maritimes. Il est vrai que l’ancien ministre de l’aménagement du territoire a préféré quitter le gouvernement de François Fillon après les dernières élections municipales pour se consacrer en priorité à ses projets avec la construction d’un nouveau port et le prolongement de la ligne de tramway inaugurée en 2007.
Autre titulaire d’une « La Marianne de platine », Dominique Baudis. L’ancien maire de Toulouse a obtenu trois « Marianne d’Or » - une pour chacun de ses trois mandats de maire (18 ans). Cet ancien journaliste de FR3 a installé la TNT pendant qu’il présidait le CSA. Conservant ses attaches familiales sur les bords de la Garonne, il prépare actuellement en tant que président de l’Institut du Monde arabe (IMA) sur les rives du Nil sa prochaine exposition qui se déroulera en octobre en Egypte.

Un peu plus à droite qu’à gauche

Force est de constater que les élus de droite sont souvent davantage récompensés que ceux de gauche – « c’est le pâté d’alouette ! » protestait le député communiste Maxime Gremetz (lui ne peut pas être décoré puisqu’il n’est pas maire) – mais dans la promotion « Platine » des « Marianne » se distinguent pourtant Michel Delebarre député-maire socialiste de Dunkerque (Nord). Cet ancien ministre d’Etat de François Mitterrand et ancien président de la région Nord-Pas-de-Calais est un fidèle de la « Marianne d’Or » surnommé par les membres du jury comme « La Voix du Nord ! ». Ce ch’ti, bout en train, a rivalisé d’humour avec un autre expert en la matière, André Santini : « c’est l’hommage du vice à la vertu » lui a dit le secrétaire d’Etat à la Fonction publique « si tu es la vertu, j’accepte d’être le vice » lui répondit du tac au tac, Michel Delebarre.
Autre mot d’esprit devant Christian Poncelet dont le siège de président du Sénat est convoité il a reconnu qu’entre les deux fonctions les plus convoitées du moment celles de président du Sénat et de premier secrétaire du PS, « pour ma part, si j’ai à choisir, je préfère le Sénat ! » a-t-il confié, suscitant le sourire dans l’assistance fortement composée de parlementaires de l’actuelle majorité. Cette confidence corroborait d’ailleurs une réflexion de Christian Poncelet qui avait affirmé au début de son propos que « les députés ont tendance à critiquer les sénateurs mais qu’ils rêvent tous en secret d’en devenir membre ! ». Dont acte.
Dans la « promotion de gauche » des « Mariannes de platine » figurent encore Laurent Cathala, député-maire socialiste de Créteil (Val-de-Marne) et André Vallini, député et président du conseil général de l’Isère. De fait, les « Marianne d’Or » se sont ouvertes depuis l’an 2000 aux personnalités élues dans les conseils généraux, régionaux et dans les communautés de communes et d’agglomérations.

Les mots d’esprit et de remerciements

Chaque récipiendaire y est allé de sa petite phrase : « Ca me fait plaisir » a sobrement déclaré sobrement, Patrick Balkany, le très souriant et décontracté député-maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), un ami de Nicolas Sarkozy tout comme le maire du 8 ème arrondissement de Paris, François Lebel qui a marié à l’Elysée le couple présidentiel Sarkozy-Bruni. « Je ne sais pas si c’est une récompense pour la qualité des hommes ou l’esthétique des femmes que je marie… » a-t-il reconnu avec modestie dans un sourire.
Il faut noter aussi parmi les lauréats, Pierre André, sénateur maire de Saint-Quentin (Aisne) dont l’un des adjoints n’est autre que le très sarkoziste ministre du travail Xavier Bertrand.
Mais d’autres maires plus modestes ont été récompensés. Ainsi, Michèle Marquet, maire de Chooz, une petite commune rurale située dans les Ardennes qui avait été distingué il y a vingt cinq ans comme une pionnière pour les classes « numériques » est récompensé car elle poursuit aujourd’hui sur sa lancée avec la mise en œuvre d’une « ferme des technologies » en attendant une « une ferme européenne »… avec l’appui du conseil général et de la région Champagne-Ardenne). De son côté, Jean-Pierre Leleux, maire de Grasse qui est à l’origine du Musée international de la Parfumerie qui sera inauguré le 18 octobre et auxquels tous les lauréats ont été conviés. Une manière supplémentaire pour le magicien Trampoglieri d’ « encenser » les titulaires des « Marianne ». .
A noter enfin que le secrétaire général du concours a décidé de créer en hommage au sénateur Jacques Pelletier, ancien ministre de la Coopération une « Marianne Jacques Pelletier » qui récompensera les initiatives des élus en matière de coopération décentralisée. Il y aura aussi une promotion spéciale de « Marianne » pour la présidence française de l’Union européenne. Un grand bravo au maître des cérémonies, Alain Trampoglieri qui a réussi en un quart de siècle de gentillesse et de talent à hisser les « Marianne » au sommet des récompenses et en faire les Légions d’honneur de la décentralisation.

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Le directeur de la Lettre Horizons politiques

 

 

 

 

 
 

 

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