La lettre de la décentralisation



Le fait politique du 4 février 2008


Le mariage discret de Nicolas Sarkozy
avec Carla Bruni le 2 février
laisse entrevoir la fin d’une séquence « people »
dévastatrice pour la popularité du chef de l’Etat

- La cote de confiance du chef de l’Etat
est au plus bas
après ses neuf premiers mois à l’Elysée


- Quelle place la Première Dame « chanteuse »
occupera-t-elle à l’Elysée ?

Neuf mois après son élection à l’Elysée, Nicolas Sarkozy cherche maintenant à se « re - présidentialiser ». La cote de satisfaction du chef de l’Etat est en chute libre. Il a perdu, selon le sondage LH2 réalisé avant et après son mariage élyséen du 2 février, treize points de popularité en un mois. Il se retrouve à peu près au même niveau d’impopularité que celui de Jacques Chirac en février 1996 après qu’il ait subi au début de son premier mandat à l’Elysée, la redoutable fronde « anti-Juppé » sur les retraites des cheminots. C’est assez dire que l’image de Nicolas Sarkozy est aujourd’hui dégradée. Certains parlent même d’un mariage en plein…divorce avec l’opinion.
Heureusement pour lui que la législative partielle organisée dans les Hauts-de-Seine le 3 février ne s’est pas traduite par une défaite contrairement à ce qui s’est produit à Chartres en Eure-et-Loir où la candidate du PS l’emporte largement sur le député UMP sortant. Si cela avait été le cas dans le « Sarkoland », on aurait pu parler, comme l’a fait Ségolène Royal, prématurément d’une ambiance de « fin de règne ». Or, il n’en est rien car le président de la République est connu pour sa réactivité aux évènements.
Il a bien compris qu’en dehors de sa promesse non tenue – l’ « augmentation du pouvoir d’achat » promise mais non tenue ressemble de plus en plus à la « fracture sociale » non réduite par Jacques Chirac -, c’est son comportement personnel qui a choqué une bonne partie de son électorat depuis qu’il est à l’Elysée.

« Une certaine tenue à avoir » …. dit Jean-Louis Debré

Le côté « people » exaspère non seulement une bonne partie de nos concitoyens de gauche comme de droite mais aussi des politiques de premier plan dans son propre camp comme le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré qui n’a pas hésité à rappeler publiquement sur « Radio J », le 2 février à l’adresse de Nicolas Sarkozy qu’il fallait « faire attention à ne pas désacraliser les fonctions officielles » et qu’il y avait « une certaine tenue à avoir ». Les commentaires entendues à la sortie des messes, étaient on le sait, beaucoup plus sévères et plus crus à l’égard de l’hôte de l’Elysée et des soubresauts de sa vie privée.
De fait, Nicolas Sarkozy est le premier cher de l’Etat français à s’être marié trois fois - la troisième fois, un peu plus de trois mois après l’annonce de son divorce d’avec sa précédente épouse, Cécilia le 16 octobre 2007 - autre innovation élyséenne.

La sobriété de l’annonce de son mariage – dix-neuf mots- et l’absence de médiatisation (on a simplement su que la mariée était en blanc – c’est le premier mariage de Carla Bruni - marque-t-elle la fin de la séquence people qui s’est retournée contre son initiateur jouisseur ? Rien n’est moins sûr.
Car, le comportement personnel du chef de l’Etat paraît « incorrigible ». Le coup de foudre soudain pour un ancien mannequin italien qui ressemble trait pour trait avec son visage immobile et un « regard de tueuse » à Cécilia, rencontrée en novembre et épousée en février; la bague des fiançailles identique tout comme les voyages éclairs en Egypte et à Pétra en Jordanie directement liés aux aléas de son précédent couple (en attendant peut être un prochain déplacement en Guyane, là où il avait mis en scène ses retrouvailles en juin 2006 avec Cécilia) : tout cela ressemble encore à du « people ».
Le fait d’avoir invité une journaliste de l’hebdomadaire « Point de vues » à le suivre dans ses prochains déplacements aurait tendance à démontrer que si l’on chasse le naturel, il revient au galop !



Une chanteuse aimant la publicité à l’Elysée


De son côté, Carla Bruni- Tedeschi qui se présentait comme une « amadoueuse, une chatte, un e Italienne » avouant en février 2007 au magazine « Madame Figaro » qu’elle s’ennuyait « follement dans la monogamie » a elle aussi, un passé amoureux célèbre avec des célébrités mondiales comme Mike Jagger, Eric Clapton ou françaises comme l’acteur Vincent Perez ou l’avocat Arno Klarsfeld. Elle a un fils, Aurélien, aujourd’hui âgé de six ans, avec le professeur de philosophie Raphaël Enthoven, lui-même fils de l’éditeur Jean-Paul Enthoven avec qui elle vivait précédemment.
Si l’on en croit les déclarations de sa propre mère, Marisa Boroni qui a donné naissance à Carla, il y a quarante ans pendant une relation clandestine avec un musicien amateur de guitare classique qui a duré six ans (Maurizio Remmert, le père biologique de Carla avait alors 20 ans et elle 32), la nouvelle épouse du chef de l’Etat est assurée d’avoir un endroit à, l’Elysée pour « travailler sa musique et sa voix » afin de poursuivre sa carrière de chanteuse. Elle a d’ailleurs composé une chanson pour son époux intitulée « Ma came » à paraître dans un troisième album en cours de préparation.

Il est évident que son activité risque de poser problème à l’Elysée et à la sécurité, si elle souhaite continuer à faire des concerts ou même à… poser nue comme elle l’a fait dans le numéro de janvier du magazine espagnol DT, selon, « Métro » du 4 février.
La publicité, l’une des sources de revenus de Carla Bruni peut aussi compliquer les choses. Elle apparaît en robe longue noire dans une publicité télévisée pour les automobiles Lancia actuellement diffusée sur les télévisions européennes.
Par ailleurs, Nicolas Sarkozy et Carla Bruni ont assigné le 30 janvier la compagnie à bas coûts Ryanair pour avoir utilisé une photo de leur couple dans une campagne publicitaire. Si le chef de l’Etat s’est contenté de demandé un euro de dommages et intérêts, l’ancien top model en réclame 500 0000 € au motif que « le tarif moyen des droits d’utilisation de son image pour un visuel publicitaire sur le seul territoire français est habituellement négocié aux alentours de 500 000 euros ».
Dans une enquête publiée par Le Monde du 5 février, intitulé « le jardin des Bruni-Tedeschi », le journaliste du quotidien révèle que le rêve de Marisa, la mère de Carla Bruni ; lors des vacances d’été dans leur résidence de Cap Nègre sur la Côte d’Azur rêvaient que ses enfants fassent amis-amis avec les petits voisins les jeunes Grimaldi : Caroline, Albert et Stéphanie »… Tout un programme.

 




La fin du bling-bling ? … à voir

Le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant a jugé le 2 février sur Europe 1 que la situation entre Nicolas Sarkozy et Carla Bruni se trouvait clarifiée et que les choses allaient devenir « plus simples ». Selon lui les Français auront « une position différente de celle qu’ils pouvaient avoir ces dernières semaines » a-t-il affirmé.
Avec Carla Sarkozy, une ère nouvelle va sans doute s’ouvrir à l’Elysée. Outre ses positions politiques bien connues, « mes parents ont toujours voté à gauche. Je ne voterai jamais à droite »…
La nouvelle hôtesse de l’Elysée entend poursuivre, à quarante ans, ses activités artistiques. « Une activité professionnelle, ce serait nouveau. Cela peut même être positif, mais à condition que cela ne renforce pas l’image bling-bling du couple » précise un professeur à Sciences Po en évoquant le domaine complètement inédit dans laquelle serait le palais de l’Elysée, s’il devait abriter des studios d’enregistrement de la nouvelle « Première dame de France ».
Lors d’un dîner récent avec Tony Blair, Nicolas Sarkozy lui confiait à propos de Carla Bruni, de façon abrupte et peu élégante à l’égard de son ancienne épouse : « T’as vu comme elle est belle ! Et en plus, elle en a dans le cerveau, ça me change ! » Rupture, vous avez dit, rupture ? … à voir.

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Le directeur de la Lettre Horizons politiques

 

 

 

 

 
 

 

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