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On
se souvient de la " bataille du calendrier
" qui anima l'année 2001, opposant les
tenants d'une inversion des dates des échéances
électorales et les partisans du statu quo
; la guerre eut lieu et paradoxalement, ceux qui
firent plier l'Elysée et l'opposition, et
qui s'alignèrent sur la théorie de
l'inversion du calendrier entre présidentielle
et législatives de 2002
.perdirent
les élections. La situation se complique
encore pour 2007 puisque cette année regroupe
pratiquement toutes les élections, selon
le calendrier suivant :
- les " municipales " et " cantonales
" doivent avoir lieu en mars 2007
- les " présidentielles ", en mai
2007
- les " législatives " en juin
2007
- les " sénatoriales " en septembre
2007
Il existe deux problèmes pour les élections
municipales et des cantonales :
- le premier renvoie au débat de 1994, lorsqu'il
avait fallu reporter la date des élections
municipales de mars à juin 1995 de manière
à éviter que les nouveaux maires ne
puissent " disposer que d'une seule journée
pour décider éventuellement de présenter
un candidat à l'élection présidentielle
" comme la loi les y autorise.
- le second vise les nouvelles procédures
de désignation des délégués
sénatoriaux dans le cadre de l'élection
des sénateurs renouvelables en septembre
2007 (la nouvelle loi votée en mai dernier
prévoit que les délégués
sénatoriaux sont désignés non
plus trois mais six semaines avant le scrutin).
Prolonger ou écourter
un mandat local
Les mandats électifs, sous la Vème
République n'ont été prolongés
qu'à cinq reprises pour des élections
métropolitaines
- Deux fois pour éviter un télescopage
avec les élections législatives :
c'est le cas en 1966 et 1972 (reports du renouvellement
d'une série de conseillers généraux
de mars à octobre 1967 et de mars à
octobre 1973
- Deux fois pour éviter des difficultés
d'organisation de l'élection présidentielle
(loi du 8 janvier 1988 et du 19 juillet 1994) :
report des élections cantonales de mars à
septembre 1988 et report des élections municipales
de mars à juin 1995
- Enfin la loi du 11 décembre 1990 a, tout
à la fois, prolongé le mandat d'une
série de conseillers généraux
et écourté le mandat d'une autre série
afin d'assurer la concomitance des élections
régionales et cantonales.
Le Conseil constitutionnel, particulièrement
en décembre 1990, a reconnu que les dispositions
législatives " n'étaient contraires
ni au droit de suffrage ni au principe de libre
administration des collectivités locales
".
En 1994, " considérant qu'il résulte
des travaux préparatoires de la loi que le
législateur a justifié la prorogation
du mandat des conseillers municipaux par la nécessité
d'éviter des difficultés de mise en
uvre de l'organisation de l'élection
présidentielle prévue en 1995
" le Conseil constitutionnel a reconnu que
ce choix du report ne créait, dans son principe
ni dans ses modalités matérielles
d'organisation " de confusion dans l'esprit
des électeurs avec d'autres consultations
électorales "
Le Conseil constitutionnel a donc introduit, un
élément important pour les échéances
de 2007 : celui de la non confusion dans l'esprit
des électeurs avec d'autres consultations
électorales.
Quelles sont les "
fenêtres de tir " disponibles ?
Il existe quelques possibilités de report
des élections municipales et cantonales après
les élections-phares de la présidentielle
et des législatives.
- Juillet 2007 ? Cette échéance épuiserait
définitivement le corps électoral
déjà appelé aux urnes quatre
dimanches de mai et juin et aboutirait, en période
estivale, à un taux d'abstention vraisemblablement
record. ; par ailleurs, selon les nouvelles dispositions
d'une loi votée définitivement le
28 avril dernier un intervalle de six semaines doit
séparer l'élection des délégués
des conseils municipaux de celle des sénateurs,
ce qui - compte tenu de l'élection sénatoriale
fixée d'ordinaire le dernier dimanche de
septembre - positionnerait l'élection de
ces délégués sénatoriaux
en juillet au plus tard ; on peut supposer qu'en
fonction de la date du décret de convocation
pour l'élection des délégués
pris, dans ce cas, en mai ou juin au plus tard,
il faudrait procéder, dans le meilleur des
cas, à l'élection des conseils municipaux
les deux premiers dimanches du mois de juillet,
soit trois semaines au plus après le second
tour des élections législatives !
- Septembre 2007 ? Des élections cantonales
ont déjà eu lieu en ce mois de l'année
; mais plusieurs obstacles s'opposeraient, alors,
au report des élections municipales et cantonales
en septembre : des délégués
des conseils municipaux et des conseillers généraux
voteraient aux élections sénatoriales
alors même qu'ils ne seraient pas réélus
dans leur propres communes ou cantons ; enfin l'activité
des partis politiques, en septembre, est la plus
intense : c'est le mois des repositionnements -
d'autant plus après des élections
présidentielles et législatives -
au cours des traditionnelles " journées
parlementaires "s et " universités
d'été "
- Octobre ou novembre 2007 ? Des élections
cantonales ont eu lieu, également en octobre,
mais le report dépasserait alors six mois
; si rien ne s'oppose a priori à ce délai
si long, il n'est pas interdit de penser que le
Conseil constitutionnel - inévitablement
saisi après le vote d'une loi, intervenu
nécessairement au plus tard en mars 2006
- évoquerait une dérogation au principe
d'égalité que l'intérêt
général n'obligeait nullement dans
la mesure où des " différences
de traitement " apparaîtraient particulièrement
dans la composition du corps électoral sénatorial
composé d'une partie des grand électeurs
ayant entre trois ans et trois mois de mandat et,
pour la première fois, une autre - la plus
importante - ayant plus de six ans de mandat
!
Empêcher à la fois " la différence
de traitement " et " la confusion dans
l'esprit des électeurs avec d'autres consultations
électorales " conduirait donc, par sagesse
à réduire de trois mois le mandat
municipal et avancer les élections dans les
communes et les cantons renouvelables à la
fin de l'année 2006.
Décembre 2006
pas de " confusion dans l'esprit des électeurs
"
Voter la première quinzaine de décembre
2006 permettrait un intervalle politique de cinq
mois avant la présidentielle. Mais la logique
et le confort du corps électoral ne sont
pas abordés par les politiques de la même
manière car, après le bien connu "
celui qui tire le premier a perdu " revoilà
l'éternel refrain : " celui qui gagne
la première élection gagne toutes
les autres ". Le choix de 2006 fait peur aux
stratèges.
Alors pourquoi ne pas reporter à la fois
les " municipales " dans la deuxième
quinzaine de septembre 2007, après la rentrée
scolaire et les " sénatoriales "
en décembre, après le vote du budget
? Les sénateurs sortants n'y verraient sûrement
pas d'inconvénients
mais des avantages;
cela permettrait, aussi, d'accompagner - ou compléter-
la réforme sénatoriale de 2003 par
un rafraîchissement des trois quarts de son
corps électoral qui aurait alors cinq mois
au plus d'exercice de mandat
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