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HP
- Où en est la desserte des territoires,
près d'un an et demi après le comité
d'aménagement du territoire de Limoges du
9 juillet 2001 en matière de haut débit
et de mobile ?
André
Marcon - Ma préoccupation
est bien que l'on ne passe pas des réseaux
alternatifs aux réseaux de France Télécom
qui maillent particulièrement bien le territoire.
Il faut repartir de ce réseau. Il existe
actuellement une fenêtre de tir intéressante
puisque l'opérateur historique est malade
financièrement. Le gouvernement va devoir
faire quelque chose. Qu'il en profite pour créer
un service public de réseau. Il faut une
renationalisation des réseaux, je dis bien
des réseaux. C'est sur ce service public
de réseaux que vont pouvoir se battre tous
les opérateurs pour proposer des contenus
dans la concurrence ce qu'ils ne peuvent pas faire
actuellement. L'Etat pourrait reprendre les infrastructures
et les mettre à la disposition des collectivités
locales avec la région comme chef de file.
HP
- Quels sont les enjeux pour les régions
en matière de TIC ?
André
Marcon - Les régions
vont obtenir deux compétences celles de l'aménagement
du territoire et du développement économique.
Or, dans ces deux champs, on voit bien que les technologies
de l'information et de la communication seront stratégiques.
Voilà pourquoi je dis que la région
peut être chef de file et chef d'orchestre.
HP
- Comment, dès lors, assurer une certaine
équité entre les régions ?
André
Marcon - Je propose
une Taxe intérieure sur les télécommunications
(TITC) à l'instar de la Taxe sur les produits
pétroliers. Je crois à la mutualisation.
Il faut qu'elle se fasse sur l'ensemble des usagers
et donc qu'elle parte à la première
communication. Nous aurions une parfaite participation
de tous les opérateurs par le biais de la
consommation. Les plus gros consommateurs paieraient
plus que les petits. L'Etat se chargerait de péréquater
cette taxe entre tous les territoires.
HP
- Vous aviez fait adopter, il y a un an, un premier
rapport sur les technologies de l'information par
le Conseil économique et social. Quelles
en ont été les suites concrètes ?
André
Marcon - D'abord, la
CIADT de Limoges a changé la donne. Pour
la première fois, sous le précédent
gouvernement, l'Etat s'est emparé du sujet
et, en un an, beaucoup de progrès ont été
accomplis avec la possibilité pour les collectivités
locales de pouvoir investir. Ce que je regrette,
en revanche, c'est le temps de la mise en uvre
des décrets et circulaires. En troisième
point, je regrette que l'Etat ait renié sa
parole dans la participation sur les antennes de
téléphonie mobile au motif qu'il gagnait
moins sur les UMTS. Quand on commence à défaire
les règles du jeu, c'est toujours plus difficile
de retrouver les gens autour de la table. On a perdu
beaucoup de temps. Je veux que l'Etat s'engage davantage
qu'il ne le fait. Je suis inquiet parce que trop
de gens s'occupent du sujet : le ministère
des Nouvelles Technologies, le ministère
de l'Aménagement du Territoire, le ministère
de l'Industrie. Ce dossier est tellement important
pour l'aménagement du territoire que je souhaite
qu'il s'organise d'une autre façon. La DATAR
a compétence à s'occuper de l'aménagement
du territoire. L'industrie à dire ce qui
est bon. Faisons une task force entre les deux.
Et avec, pourquoi pas un Monsieur Technologies de
l'Information et des Communications.
Propos
recueillis par 
Le directeur de la Lettre Horizons politiques |